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Les câlins : une arme redoutable pour lutter contre le stress


Génération COVID-19 en manque de câlin




En 2020 et 2021, dans notre contexte COVID-19, faire un câlin à un ami, un grand-parent, un parent ou une nouvelle rencontre amoureuse relève presque du banditisme.


On ne le dit pas, on le vole au regard des autres, subrepticement, hop on s’enlace et on croise les doigts pour que personne ne tombe malade sous peine de devoir plaider coupable.



Les masques ont enlevé les sourires visibles et le langage non-verbal du visage se limite désormais aux yeux. Fort heureusement, il reste cette partie expressive de notre anatomie comme repères pour entrer en contact avec l’autre et prendre la température de son humeur.



A part avec les personnes qui partagent notre toit (si nous avons cette chance de vivre en famille), nous n’avons plus de proximité physique, de contact corporel avec qui que ce soit.



Ce contact qui fait partie des besoins primaires de l’être humain autant que chez les mammifères.


Ils ont de la chance en ce moment de pouvoir se serrer les uns les autres, s’épouiller, se gratouiller nos compagnons ….


Le manque de contact est un mal grandissant qui accélère et accentue le phénomène de solitude et de déprime.


D’ailleurs, Santé publique France l'a constaté : la santé mentale des Français s’est dégradée depuis fin septembre 2020. Selon l’enquête CoviPrev qui interroge chaque semaine un échantillon de Français sur leur état d’anxiété, de stress en rapport avec l’épidémie, le confinement, leur situation financière, le nombre de Français qui se déclarent victimes de troubles dépressifs a augmenté de 11 points.

L’ inquiétude augmente dans toutes les catégories et plus particulièrement chez les 18-34 ans. Désormais 56% des personnes interrogées limitent leurs interactions sociales contre 25% lors de la dernière enquête fin octobre.

Et le manque de contact physique explique en partie des états dépressifs, une baisse de moral et de forme physique chez certains.



Les câlins : essentiels à notre équilibre physique et psychologique ?

L’affection que l’on reçoit en étant bébé au travers du toucher est une expérience basique et essentielle. Ce besoin primaire aide le nourrisson à se sentir en sécurité et protégé. Cela influe sur la construction de sa personnalité, sur sa manière de se lier au monde, sur son développement cognitif. (extrait de : nospensees.fr/ce-qui-arrive-quand-une-mere-ignore-son-bebe/).


De nombreuses expériences (sordides) et des études plus récentes ont pu le démontrer.


Une expérience cruelle menée par Frédéric II de Hohenstaufen au XIII° siècle sur 6 nouveau-nés a montré la nécessité pour le nouveau-né de communiquer et de créer du contact avec l’enfant pour qu'il se développe.

Alors qu’il les fit “élever” dans l'isolement (pour tenter de déceler et comprendre l’origine du langage) donc sans leur adresser la parole ou leur témoigner quelconque affection, les 6 bébés moururent.

Et cette expérience horrible corrèle avec les résultats des observations faites dans des orphelinats roumains à l’époque du régime totalitaire de Caucescu.

Le manque d’attention et les mauvais traitements envers les enfants souffrant déjà d’abandon était tel, que les enfants présentaient des troubles cognitifs importants : retard de développement, agressivité, manque d’empathie, troubles comportementaux (balancement). Certains n’ont pas non plus survécu à ces traitements et notamment cette absence de tendresse. Si cela vous intéresse, je vous invite à écouter les différentes conférences de Boris Cyrulnik sur ces sujets : Boris Cyrulnik - La mémoire traumatique - YouTube et Boris Cyrulnik - La résilience dans les situations extrêmes - YouTube.


Une autre expérience, cette fois avec des macaques rhésus, mais tout aussi cruelle a été faite par Harry Harlow (psychologue américain) dans les années 50. Il voulut vérifier la théorie de Bowlbi, précurseur de la théorie de l’attachement. Pour résumer l’expérience, il priva les macaques nouveau-nés de leur mère. Enfermés dans des cages exiguës, il les priva également de nourriture.


Dans les cages où étaient placés les bébés macaques se trouvaient deux objets : un biberon rempli, qui leur fournissait l’alimentation adéquate et une peluche, ou une marionnette, qui ressemblait à un macaque adulte. Cette peluche n’offrait pas de nourriture au bébé macaque.


Et pourtant, le résultat a montré que les bébés préféraient la peluche, même si celle-ci ne leur fournissait aucun aliment. Ils s’agrippaient à la peluche qui leur permettait se sentir en sécurité.


Cette expérience éthiquement contestable permit à Harlow de vérifier l’importance de la relation et de l’attachement que les bébés ont avec leur mère quand ils sont tout petits. Même si elle ne leur donnait pas à manger, les bébés choisissaient la peluche qui, pour eux, adoptait le rôle de mère. C’est avec elle qu’ils préféraient passer leur temps. L’autre objet n’était qu’un simple aliment qui ne leur donnait ni chaleur ni tendresse. Cela a démontré l’importance du contact. (source : L'expérience de Harlow et sa théorie de l'attachement - Nos Pensées (nospensees.fr))





La recherche a depuis démontré au travers d’études beaucoup moins sordides à quel point le contact physique est important pour le développement cognitif des nouveau-nés et des enfants mais également pour la santé mentale et le bien-être des adultes.



Les câlins : une arme redoutable contre le stress



Faire un câlin à quelqu’un donc prendre dans les bras avec tendresse ou être pris dans les bras avec tendresse sécrète de l'ocytocine (dite hormone du bonheur) en quantité, ainsi que de la dopamine et des endorphines qui permettent de créer un état d’apaisement et de réconfort immédiat.


En faisant diminuer la pression artérielle et le rythme cardiaque, au contact de la chaleur corporelle d’un autre humain, notre corps est enveloppé et sécurisé (à l’image des macaques de l’expérience de Harlow).


Cela génère également des liens d’attachement et de confiance avec notre entourage et répond à nos besoins d’appartenance à un groupe qui permet de rompre avec la solitude et avec le déclin cognitif qui l’accompagne.


Il a été prouvé que :


  • les câlins réduisent le stress et les symptômes immédiats du stress de façon réciproque pour le donneur ou le receveur de câlin. Offrir du réconfort à quelqu’un vous est donc tout aussi profitable.



  • les câlins rendent heureux. Diana Simon-Thomas, qui étudie le bonheur humain à l’UC Berkeley déclare : «lorsque nous libérons de l’ocytocine, nous nous sentons heureux et en sécurité. L’ocytocine est une partie vraiment importante de notre comportement collectif en tant qu’espèce.”


  • les câlins aident à réduire peurs et anxiété. Comme nous l’avons vu plus haut, les câlins et le contact physique avec un autre individu génère un sentiment de sécurité et d’appartenance. Ne pas se sentir seul permet d’apaiser les personnes particulièrement anxieuses.


  • les câlins renforcent le système immunitaire. Une étude portant sur plus de quatre cents adultes a révélé que les participants disposant d’un meilleur système de soutien étaient moins susceptibles d’être malades, et ceux qui tombaient malades avaient des symptômes moins graves que ceux qui n’étaient pas bien entourés.


  • les câlins permettent de lutter contre la déprime. 5 à 10 minutes de câlin quotidien peut être une arme redoutable contre la déprime grâce à la sérotonine sécrétée qui est une hormone régulatrice de l’humeur, particulièrement importante en ce mois de janvier où l’intensité lumineuse est faible et le climat est froid.



Et en temps de Covid, on se câline comment ?

Honnêtement, à l’issue du deuxième confinement, le manque de câlin et de contact physique a commencé à se faire grandement sentir chez moi. Pourtant je suis de nature introvertie et pudique. Si je câline allègrement mes enfants et mon mari, j’ai plus de pudeur avec mes parents, mes frères et mes amis.

Pourtant ces derniers temps, j’aurais pu serrer des inconnus dans mes bras !


Alors pour célébrer le Nouvel An, nous avons laissé nos envies d’étreintes s’exprimer et nous nous sommes pris dans les bras chaleureusement les uns les autres.


En petit comité, après un repas partagé ensemble et des tests négatifs quelques jours avant, on s’est offert cette défiance à l’égard des mesures barrières.


Les risques ayant été mesurés, je ne regrette pas cet écart à la distanciation qui régit ma vie depuis le 13 mars 2020. Cela m’a fait un bien fou, j’avoue en avoir été émue.


Et bizarrement gênée aussi de braver ainsi "l’interdit", de me sentir potentiellement coupable d’une potentielle contamination. Autant vous dire que le câlin n’a pas duré longtemps et qu’il fut quelque peu contenu.

Triste réalité de ce contact vital réprimé. Pas étonnant que la population déprime !


Alors éliminer 100 % des contacts est-il raisonnable ?

Quid des conséquences à long terme sur la santé mentale des humains ?


Voici quelques clés à respecter pour profiter d’un câlin pendant la COVID.


- Primo : le câlin est profitable à celui qui le reçoit s’il est d’accord. La question du consentement est donc primordiale. Et ça vaut en tout temps, épidémie ou non ;-)


- Secondo : en ce moment, il y aussi une notion de responsabilités face à la propagation du virus. Le bon sens est donc de mise. Chacun doit se sentir responsable de ses choix.


- Tertio :

  • On évite les bisous

  • Le toucher main à main passe avant par la case lavage de mains.

  • On s’enlace sans se mettre joue contre joue

  • On retient son souffle et on ne parle pas pour éviter de postillonner

  • On garde son masque

  • On tourne sa tête du côté opposé

  • On n’étreint pas les personnes fragiles


Voilà les préconisations gouvernementales et médicales.



Encore une fois, le bon sens et la responsabilisation sont de mises selon moi.

Si votre maman ou votre papa est en détresse face au manque de contact physique, de gestes de tendresse et de relations sociales (rappelons que les personnes âgées sont particulièrement isolées et que le sentiment de solitude occasionne des dégradations cognitives) et qu’elle vous réclame un câlin, qu’allez-vous faire ? La laisser se mortifier prématurément dans sa détresse de solitude ou risquer une contamination qui pourrait tout aussi prématurément la condamner ?


Pour moi le choix sera vite fait.

La culpabilité d’avoir “abandonné” mon proche sera plus grande, surtout s’il est des derniers souvenirs à avoir avec ses proches, autant qu’ils soient doux et heureux.



Bien sûr, ce n’est que MA position et ce ne serait que sous une responsabilité partagée et consentie entre donneur et receveur de câlin.



Sinon à la maison, en ce 21 janvier, journée mondiale des câlins, pratiquez la câlinothérapie et si vous n'avez pas d'humain sous la main : serrez fort contre vous un oreiller ou une grosse peluche, vos animaux de compagnie (n'y allez pas trop fort avec le chat ou le lapin :-), prenez-vous vous-même dans vos bras histoire de compenser un peu en attendant de pouvoir retrouver, espérons-le, rapidement ce geste essentiel, spontané et naturel à notre équilibre émotionnel et notre bon fonctionnement cognitif, à notre survie.




Source :


Crédit photos de l'article : Pixabay



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